Improviser, Adapter, Dominer

Bas débit / Accessibilité


 

LE DO-JO


DO signifie la Voie et JO signifie le Lieu: d'origine religieuse (temple bouddhiste : salle d'étude spirituelle et de lecture), c'est le lieu où l'on pratique la Voie martiale (Budo).
Lieu sacré, le Budoka (pratiquant d’Arts Martiaux) en franchissant le seuil se sacralise lui-même et prend une attitude respectueuse, attentive et positive.
Attentif à son hygiène corporelle, le Budoka porte un keikogi (veste et pantalon d'entraînement) propre, ses ongles sont coupés courts, les mains et les pieds propres, le maquillage et les bijoux sont ôtés (pour éviter les accidents).
Du vestiaire à la salle de pratique, le Budoka ne se déplace pas pieds nus mais chausse des zori (ou des chaussons de sport).
Il franchit le seuil de la salle avec le pied gauche en premier avant de s'incliner pour saluer face au kamisa.
De la même façon, après avoir quitté les zori il posera en premier le pied gauche sur le tatami.
(Le principe du pied gauche, de la main gauche ou du genou gauche en premier rappelle que les Bushi portaient leur sabre du côté gauche, la main droite est ainsi prête à dégainer le sabre en cas de besoin ...)

La partie du Dojo où sont disposés les tatamis (tapis de sol) est délimitée par quatre murs.
Le mur d'honneur (kamisa) (ou shomen), siège supérieur, orienté vers l'est se trouve face à l'entrée. Sur ce mur peuvent être fixés un petit temple Shinto, des photos d'anciens Maîtres de Budo, des souvenirs d'anciens pratiquants, des calligraphies de dictons et principes martiaux ...

 

 

 

 

 

LES PRATIQUANTS


L'appellation Budoka qui signifie littéralement expert (Ka) en Budo, désigne tous les pratiquants de la Voie des Arts Martiaux, de l'étudiant débutant jusqu'au Maître:
    > BU : les Arts Martiaux , l'analyse du "kanji" signifiant aussi "arrêter le sabre, le combat" ;
    > DO : la Voie, à distinguer de JUTSU signifiant la Technique.
Véritable appellation japonaise: Budo-Shugyosha, "celui qui cherche la Voie en pratiquant les Arts Martiaux".

Le professeur apprécie le niveau atteint par les élèves en fonction de trois éléments:
    Shin : la valeur mentale (esprit, volonté, morale, courage, effort, politesse, propreté),
    Ghi: la valeur technique (connaissance),
    Tai: la valeur corporelle (corps, santé, physique).
SHIN domine GHI qui domine TAI : sans esprit la technique n'est rien.

Les grades :
Dans le système des Dans, il y a deux catégories:
    .   Mudansha (sans Dan) : avec six niveaux de progression (Kyu), par ordre décroissant du 6° Kyu au 1° Kyu. 

    .   Yudansha (titulaire de Dan) : avec dix niveaux de progression du 1° Dan au 10° Dan. 

 

Sensei: "celui qui est né avant", désigne le professeur, qui n'est pas nécessairement Maître,
Shihan : titre de maîtrise qui désigne le Maître,
Doshu : signifie "le Maître de la Voie" , grand Maître d'une Ecole,
Shodai ou Soke : le fondateur d'une école d'arts martiaux (ryu ),
Waka-sensei : signifie le "jeune Maître", "le fils du Maître",
Ko-Hai : signifie les élèves débutants,
Sempai: signifie les "anciens" du Dojo,

Lors de la pratique sur le tatami, suivant les actions menées avec un partenaire, chacun joue à tour de rôle celui qui exécute et celui qui subit:
    Uke : celui qui subit, qui reçoit l'attaque et l'énergie,
    Seme: celui qui attaque,
    Shite : celui qui fait, qui exécute,
    Nage: celui qui projette,
    Tori: celui qui prend,
    Aite: "la main d'en face", à la fois partenaire et adversaire.

 

 

 

 

 

REISHIKI - LE RITUEL DU DO-JO


Le Cérémonial qui précède la pratique marque la transition entre les activités quotidiennes et le travail sur soi dans les exercices: il est donc symbolique et nécessaire.
Par le Salut (rei), le Budoka montre son engagement et son respect envers l'Art martial, les Maîtres qui l'ont fondé et transmis, le Do-Jo où il progresse dans la Voie, le Sensei qui montre la Voie à suivre, les autres pratiquants, partenaires qui permettent de progresser, et soi-même. C'est donc avec une attitude rigoureuse, sobre, digne et modeste que le salut est exécuté, accompagné d'intentions pures, car ce geste exprime un état d'esprit qui se doit d'être positif et réceptif, préparé à recevoir et à donner.

Rei s'exécute à différentes occasions:
   en entrant et en sortant du Do-Jo,
   après être monté sur le tatami ou en le quittant,
   au début et à la fin du cours,
   à l'intention du Sensei après une démonstration ou une explication, individuelle ou collective,
   adressé au partenaire d'entrainement avant et après chaque exercice ou combat,
  à la fin du cours pour remercier un partenaire en particulier avec qui l'étudiant a apprécié pratiquer, accompagné de la formule: "Arigato gosaimashita" (Merci beaucoup d'avoir travaillé avec moi.)

Selon les situations le Salut s'exécute de deux façons :
    > le Salut debout (Ritsu-Rei) : inclinaison du buste vers l'avant, mains à plat sur les cuisses;
    > le Salut à genoux (Za-Rei) : depuis la position en Seiza, inclinaison du buste vers l'avant en posant à plat devant soi d'abord la main gauche, la main droite venant ensuite se placer sur la main gauche pour former un triangle. Le front ne touche pas le sol, le regard est porté devant soi, toujours attentif. En se relevant, la main droite est la première à quitter le sol et revenir se placer sur la cuisse.

Le Cérémonial du Salut collectif, avant et après le cours, ordonné par l'étudiant le plus ancien ou désigné par le Sensei, à partir de la position debout, talons joints, les pieds étant légèrement écartés:
    "Seiza" : "Assis", l'ensemble des pratiquants s'agenouille, le genou gauche en premier, et se met en position d'assise sur les talons, les épaules relachées, les gros orteils se chevauchant.
   "Shomen ni Rei" : "Saluons en face" ou "Shinzen ni Rei", "Saluons le Shinzen".
   "Sensei ni Rei" : "Saluons le Professeur".
   "Otagai ni Rei" : "Saluons-nous".
   "Kiritsu" : "Levons-nous", après que Professeur se soit relevé et fait signe. Pour revenir à la position debout, les pratiquants relèvent d'abord le genou gauche, puis resserrent les pieds, mains à plat sur les cuisses.
Ce Salut collectif se conclut par un Salut debout.

Le retardataire doit effectuer seul le "Shinzen ni Rei" et attendre avant de monter sur le tatami que le Sensei l'invite à pratiquer.

 

 

 

 

 

LES ARMES NATURELLES DU CORPS


Les armes naturelles principales sont :
     les mains - Te - (et les bras)
     et les pieds - Ashi - (et les jambes)
qui prendront les formes adaptées et différentes selon le kyûsho (le point vital) visé, utilisées lors des Atémis (ate=coup (sur le) mi=corps) pour frapper, casser, percuter, pousser ou encore bloquer.


1° LA MAIN :

   Main ouverte :
   Termes utilisés :
       Hirate (plat de la main),
       Haito (tranchant intérieur, "sabre de pouce"),
       Teisho (paume),
       Nukite (extrémité d'un ou plusieurs doigts),
       Haishu (dessus de la main),
       Shuto (tranchant extérieur, "sabre de main") avec des variantes :
            frappe avec les deuxièmes articulations de l'index, du majeur, de l'annulaire et de l'auriculaire, 

            ou encore avec la deuxième articulation soit de l'index soit du majeur, 

            ou encore avec la main ouverte dite "patte d'ours" (kumade) en visant les yeux ... 


    Main fermée ou poing (Kobushi ou Seiken) : 

    Termes utilisés :
        Kenta (les premières articulations de l'index et du majeur : frappe de face),
        Uraken (idem mais frappe avec le dessus),
        Tetsui (côté extérieur utilisé pour frappe latérale - dite "maillet" - ou du haut vers le bas, coup de poing marteau, ou de bas en haut).
        A inclure : techniques de frappe avec le poignet, l'avant-bras et le coude - Empi ou Hiji. 



2° LE PIED :

   Termes utilisés :
       Koshi (zone sous les orteils relevés),
       Haisoku (dessus du pied),
       Sokuto (tranchant extérieur),
       Teisoku (plante du pied),
       Kakato (talon).
       A inclure : techniques de frappe avec le genou - Hisa ou Hitsui - et le tibia. 



AUTRES ARMES NATURELLES : le front, l'occiput (arrière de la tête), le menton ... et les dents.


 

 

 

 

 

KYUSHO : LES POINTS ESSENTIELS OU VITAUX


Ces zones de frappe (points d'atémi) sont à cibler pour la recherche d'une efficacité maximale.
De nombreux points vitaux sont placés sur les méridiens où circule l'énergie - le Ki - suivant les principes de la médecine asiatique.
La répétitions des impacts sur le même méridien conduit à la perte de vitalité de l'adversaire, donc à sa neutralisation partielle ou totale ...
La technique d'atémi sera adaptée selon que l'on vise une partie molle ou dure, les nerfs, la circulation sanguine, les voies respiratoires ou les organes vitaux.
Ces points sont parfois aussi ceux qui sont à stimuler pour "rendre la vie" (Shiatsu).


On distingue trois niveaux corporels :
1° Jodan (niveau haut) : tête, visage, cou et nuque.
2° Chudan (niveau moyen) : poitrine, région du cœur, ventre, dos, reins, aisselles, côtes flottantes, bras et mains.
3° Gedan (niveau bas) : bas-ventre, aines, jambes et pieds.

Points d'atémi de face :                                                                                                     Points d'atémi de dos :
1 - Ryamo : tempe,
2 - Mimi : oreille,
3 - Dokko : creux mastoidien derrière l'oreille,
4 - Mikasuki : angle de la machoire,
5 - Keichu : nuque,                                                                                                             1 - Kochu : 1° vertèbre cervicale,
6 - Sakotsu : clavicule,
7 - Tento: fontanelle antérieure,                                                                                       2 - Tendo : fontanelle postérieure,
8 - Cho-to : sommet du nez,
9 - Gansei : lobe oculaire,
10 - Seidon : pommette,
11 - Jinchu : base du nez,
12 - Gekon : lèvre inférieure,
13 - San-ming : menton,
14 - Murasame : carotide,
15 - Hichu : pomme d'Adam,
16 - Sonu : base du cou,                                                                                                     3 - Soda : 7° vertèbre cervicale,
17 - Danchu et kyototsu : sternum,
18 - Ganka : pectoral,
19 - Kyoei : aisselle,
20 - Ganchu : plexus cardiaque,                                                                                        4 - Katsusatsu : 5° vertèbre dorsale,
21 - Kyosen : plexus solaire,                                                                                             5 - Tche-Iang : 7° vertèbre dorsale,
22 - Denko : flanc,                                                                                                              6 - Hizo : creux des reins,
23 - Suigetsu : creux de l'estomac,                                                                                    7 - Tsié-tsri : 12° vertèbre dorsale,
24 - Myojo : hypogastre,                                                                                                    8 - Kodenko : vertèbres lombaires,
25 - Kinteki : testicules,                                                                                                     9 - Bitei: coccyx,

                                                                                                                                             10 - Ko-inazuma : grand nerf sciatique,
26 - Hizakanstsu : rotule,                                                                                                   11 - Shitsu-kansetsu : creux poplité,
27 - Kokutsu : tibia,                                                                                                            12 - Sobi : base du mollet,
28 - Uchikurobushi : partie interne de la cheville,                                                            13 - Akiresuken : tendon d'Achille.
29 - Kori : dessus du pied et malléoles,
30 - So-in : base des orteils.

Auquels on peut rajouter: entre les yeux, la carotide, le coeur, le biceps, le triceps, les côtes flottantes, le Sika- Tanden centre du Hara 3cm sous le nombril, la main, les doigts ,le col du fémur, l'intérieur et l'extérieur de la cuisse, etc.

 

 

 

 

 

LES PRINCIPES DE BASE


EXEMPLES DE SAGESSE MARTIALE :

"Si l'on commence à se battre, il faut gagner, mais se battre n'est pas le but. 

L'art guerrier est l'art de la paix, et l'art de la paix est le plus difficile : il faut gagner sans se battre. "

Les six préceptes du Shorinji Kempo et du Goshindo Kan :
1 - "Ken Zen Ichinyo" - Le Corps et l'Esprit ne font qu'un.
2 - "Riki ai Funi" - Puissance et amour sont indivisibles.
3 - "Shushu Koju" - Penser à se défendre avant de vouloir attaquer.
4 - "Fusatsu Katsujin" - La technique sert à éveiller l'esprit, et non à tuer quelqu'un.
5 - "Go Ju Itai" - Goho (techniques dures) et Juho (techniques souples) sont inséparables.
6 - "Kumite Shutai" - S'entraîner avec son partenaire et non contre.



Pensées de Sensei Minoru MOCHIZUKI, Fondateur de l'Institut du Yoseikan Aikidojujitsu : 


                                                                                      1
La souplesse l'emporte sur la rigidité ("Ju yoku go o sei suru").
S'il vous plait, réfléchissez lorsque vous pratiquez.
Le Salut (Rei Ho) est la façon d'exprimer notre respect envers les autres. Notre existence n'est rien sans celle des autres. C'est ce principe qui guide la société. Cela prépare notre esprit et nous dispose à un entraînement complet et intensif où nous respectons ensemble les règles établies.

                                                                                      2
J'ai retenu trois choses du livre de UESHIBA Sensei : Vivre libre, ne rien imposer aux autres et savoir donner.
Que ce soit dans la vie ou l'étude des arts martiaux, tout est une question d'équilibre.
Quand on apprend une technique, on reçoit, quand on l'enseigne, on donne. Quand on donne, on ne perd donc rien, car en retour, si notre esprit est tourné vers le don sincère, on apprend toujours une vérité.

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Il faut visiter le monde pour évoluer. De cette façon, on comprend que les arts martiaux n'appartiennent à aucune nation et que l'expérience naît du partage avec les autres.



CONCENTRATION MENTALE :

1° Maîtrise de soi :
> "Mizu no kokoro", l'esprit comme l'eau : calme comme la surface d'une eau dormante, disponible, sans pensée active, en mesure de réagir mais ne laissant pas à l'adversaire la possibilité de deviner nos intentions, en état de "Zanshin", l'esprit qui reste, la vigilance, l'éveil qui permet de pressentir le danger.
> "Tsuki no kokoro", la lumière diffuse de la lune : l'esprit ne doit s'attacher à aucun point précis de l'adversaire pour le percevoir dans sa totalité et enregistrer ainsi le moindre mouvement de sa part.
2° Les formes d'Initiative au combat :
> l'initiative (sen) : on exécute une technique en premier, avant l'attaque de l'adversaire;
> le contre d'une initiative (go no sen ou ato no sen) : on engage un mouvement de défense lorsque l'adversaire attaque;
> l'initiative sur initiative (sen-no-sen ) : on attaque dès que l'attaque adverse a pris forme, voire même dès que l'adversaire décide d'attaquer, c'est-à-dire la perception instantanée de la volonté et de la nature de l'attaque (le kimochi d'aite).
3° Unité de volonté et d'action: le kimé.
> le kime , qui signifie "efficacité pénétrante", c'est une explosion d'énergie physique et mentale qui doit intervenir à chaque impact, dans l'attaque comme dans le blocage. C'est cette action finale, brève, intense, totale, qui fait pénétrer la force du coup dans le corps de l'adversaire.




 

 

 

 

 

REGLES DE PHONETIQUE JAPONAISE


Toutes les lettres se prononcent:


U ........................... à prononcer comme dans T ou t*
SH ........................ à prononcer comme dans Ch ien
CH ........................ à prononcer comme dans Tch èque
S............................ à prononcer comme dans S ervir
WA, WO, WU ...... à prononcer comme dans Oua te, Wa lk (en anglais), Wou ld ...
E ........................... à prononcer comme dans Th é
G .......................... à prononcer comme dans Gu itare, devant toutes les voyelles
J ........................... à prononcer comme dans J azz ("dj azz")
H .......................... toujours aspiré
N .......................... à prononcer comme dans Doi n g (en anglais)
B et V .................. se prononcent de la même façon, entre les deux (d'où l'absence de V)
L et R .......... se prononcent de la même façon, entre les deux (d'où l'absence de L) 


* les U sont souvent muets et se prononcent entre le U et le OU.


 

 

 

 

 

COMPTER EN JAPONAIS


0                      Zero                                                                                                                            0                         Rei
1                      Ichi                                                                                                                            10                         Jû
2                      Ni                                                                                                                              11                         Jûichi
3                      San                                                                                                                            20                         Nijû
4                      Yon, Chi                                                                                                                    30                         Sanjî
5                      Go                                                                                                                            100                        Hyaku
6                      Roku                                                                                                                      1000                        Sen
7                      Nana, Chichi                                                                                                       10 000                        Man
8                      Hachi                                                                                                                 100 000                        Jûman
9                      Ku, Kyû                                                                                                          1 000 000                        Hyakouman

Après 10, on compte en assemblant les chiffres de 1 à 9 :
> Exemples : jûyon pour 14, nijû pour 20.

Les nombres 300,600,800,3000 et 8000 se prononcent d'une manière particulière.
On dit:
> san byaku : 300,
> roppyaku : 600,
> happuaku : 800,
> san zen: 3000,
> hassen : 8000 . 



 

------------------------- Principales Sources Biblioqraphiques -------------------------------------


> KARATE (Guide Marabout) Roland HABERSETZER,
> AIKIDO (Budoscope AMPHORA) Nicolae BIALOKUR,
> JUDO-JUJUTSU (Ed.FABERT) Jigoro KANO,
> L'essentiel du Karaté Shôtôkan (BUDO Editions) Stéphane FAUCHARD,
> Revues DRAGON, ARTS ET COMBAT, Karaté BUSHIDO. 




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